A1 | Le fractionnement de la troupe
La peur au combat et ses conséquences tactiques
Toute troupe tend à se fractionner en quatre groupes : les fuyards, les immortels, les moutons et les paralysésLa répartition entre forme aggravée et normale dépend de l’intensité ressentie de l’agression. L’homme n’étant, selon le mot d’Ardant du Picq, « capable d’absorber qu’une quantité donnée de terreur », il arrive toujours un point de rupture complète au delà duquel on bascule dans un état aggravé. Dans l’immense majorité des cas cependant, une troupe se fractionne en une minorité d’ « immortels » et une majorité de « moutons », avec, ponctuellement, des cas aggravés.
La peur au combat : >> Lire la suiteA2 | Les cercles de confiance
Les facteurs qui vont déterminer la position de chacun dans cette typologie peuvent être regroupés dans cinq « cercles de confiance », de rayon croissant autour de l’individu.
1- L'individu et l’estimation qu’il fait de sa capacité à survivre au combat
2- La couture morale
3 - L’esprit de corps
4 - Le tissu socio-tactique
La peur au combat : >> Lire la suiteA3 | Le rendement de la troupe
Le rendement général de la troupe dépend de la proportion des différents groupes psychologiques. Il existe ainsi un « noyau dur », qui constitue la charpente du groupe et réalise la majeure partie du « travail » efficace. Il est logiquement composé des « immortels », mais aussi de « moutons » qui parviennent à surmonter leurs blocages (ce sont eux les vrais courageux) pour réagir avec lucidité .
La peur au combat : >> Lire la suiteA4 | Les comportements collectifs incontrôlés
La peur au combat : >> Lire la suiteB1 | Le rendement des feux
En termes d’efficacité des feux, il ne faut pas raisonner en terme de capacité intrinsèque des armes (cadence théorique de tir, portée maximum, etc.). Il faut réfléchir en associant systématiquement les armes et les hommes qui les servent.
La peur au combat : >> Lire la suiteB2 | L’influence des feux
Si les « fluctuations de l’âme » ont une influence sur le rendement des armes, il est évident, et c’est la base de notre raisonnement, que le feu subi a un impact profond sur la manière de se battre.
La peur au combat : >> Lire la suiteB3 | Organiser le feu
Il est concevable d’organiser sciemment la gestion des feux pour jouer de cet impact psychologique. Les méthodes de l’infanterie allemande en 1944 constituent un bon exemple d’un système organisé dans ce sens.
La peur au combat : >> Lire la suiteC1 | Le pouvoir accru du chef
Dans le contexte psychologique ainsi défini quel peut être le rôle des chefs ? Celui-ci apparaît double. Le chef doit, à la fois, assurer la cohésion de l’unité et actionner ces pions tactiques. Il y est aidé par sa légitimité et sa compétence.
La peur au combat : >> Lire la suiteC2 | Le rôle moral du chef
La peur au combat : >> Lire la suiteC3 | Le raisonnement tactique sous le feu
La peur au combat : >> Lire la suiteC4 | Un cas concret personnel
En septembre 1993, la 2°compagnie du 21°Rima s’interpose entre les belligérants sur le Mont Igman, au sud de Sarajevo. Ma mission de chef de section est de contrôler la route qui relie les abords sud de la ville au plateau central d’Igman. Les miliciens bosniaques exercent une pression pour essayer de reprendre leurs positions perdues et que nous occupons. Une de leur section notamment cherche à miner la route....
La peur au combat : >> Lire la suiteC5 | L’angoisse des états-majors
On pourrait penser que plus on s’éloigne du front et plus la réflexion se détache des émotions. Cela n’est pas évident. De même que l’angoisse étreint souvent les troupes de deuxième échelon, de même les échelons de commandement qui ne sont pas au contact ont besoin de se rassurer, d’où l’intervention fréquente dans le combat des subordonnés.
La peur au combat : >> Lire la suiteD1 | Notes sur les sources
La peur au combat : >> Lire la suiteD2 | Bibliographie
La peur au combat : >> Lire la suite